startup parisienne en bootstrapping !

La nouvelle ère de la monnaie virtuelle

By aurelien • May 12, 2009 • Filed in: banking2.0, finance interpersonnelle, marketing, monnaie virtuelle

virtualmoney

Un tournant dans l’histoire de la monnaie ?

Si l’on devait schématiquement résumer l’histoire monétaire, on pourrait distinguer 4 grandes étapes :

1) Apparition des premières formes de monnaie lors du passage d’une économie de prédation vers une économie de production au moment de la révolution néolithique.

2) Apparition de la monnaie fiduciaire (du latin fides, la confiance), dont l’authenticité est garantie par les institutions émettrices : la mise en circulation de monnaie papier (billets de banque) devient possible. Convertible en or, la stabilité de la monnaie reste garantie.

3) Abandon de l’étalon-or par Richard Nixon en 1971 et sortie des accords de Bretton Woods (1973) : la monnaie entre alors dans l’ère des taux de change flottants, qui fluctuent avec l’offre et la demande. Cela nécessite la mise en place de politiques monétaires sérieuses pour lutter contre l’inflation.

4) Dématérialisation de la monnaie : en 1975, Roland Moreno dépose ses brevets sur la carte à puce donnant naissance à la carte de crédit. La monnaie bascule dans l’ère du numérique. 90% de la monnaie est désormais de la monnaie scripturale (un numéro de compte associé à un solde sur le serveur d’une banque), et les moyens de paiements électroniques se sont multiplié (Carte bancaire, Paypal, e-carte Bleu, Moneo, paiement par téléphone portable, porte-monnaie virtuels, etc.), facilitant ainsi les transactions dont le volume ne cesse de croître à l’échelle du globe.


Et maintenant, l’ère des monnaies virtuelles ?

Mais d’abord, qu’est-ce que la monnaie virtuelle ?

L’existence de monnaies non étatiques n’est pas un phénomène nouveau. En effet, les grandes enseignes de la distribution et autres voyagistes ont fait la renommée des systèmes de fidélisation (type miles ou s’miles) pouvant s’apparenter à un système monétaire privé à but lucratif que l’on pourrait qualifier de « monnaies commerciales ». D’autres formes de monnaies non-étatiques peuvent être citées, comme par exemple les « monnaies sociales », éditées par des associations ou structures publiques dans un but de solidarité. On peut citer l’exemple des EcoPoints au service du développement durable, imaginés par les étudiants de l’EFFREI (2ème prix des Championnat du monde du numérique Microsoft 2008). Tout comme ces dernières, la « monnaie virtuelle » est une forme de monnaie privée non-étatique. Mais le concept de monnaie virtuelle va encore plus loin…

Bien que l’on puisse dater l’émergence du concept de monnaie virtuelle dans les années 1999-2000 avec la tentative avortée de beenz.com (emportée semble-t-il dans la crise des années 2000-2001 malgré un actionnariat solide – Oracle et Sun Microsystems entre autres pour ne pas les citer), de créer une monnaie virtuelle pour le Net, il semble que le phénomène ait pris réellement de l’importance avec le développement des mondes virtuels type Second Life (créé en 2003). Ces mondes virtuels persistants, appelés communément massivement multi-joueurs (MMO), intégrent tous une économie virtuelle basée sur une monnaie virtuelle. La monnaie virtuelle sert donc de valeur d’échange pour acheter biens et services dans le monde virtuel. Outre le fameux Second Life et son Linden Dollar, on peut citer World of Warcraft et ses Pièces d’or, EVE Online et ses ISK, Lineage II et ses Adenas, EverQuest et ses PP, le monde des Sims et ses Simflouze, ou encore Habbo Hôtel et ses CréditsHabbo. Chaque monde a sa propre place de marché, et des plateformes tel que IGE permettent même d’avoir une cotation entre monnaies virtuelles et entre monnaie virtuelle et devise nationale. Ces différentes économies virtuelles génèrent une économie réelle qu’on pourrait estimer à environ 1,5 milliards de dollars par an. Edward Castronova, joueur sur EverQuest et professeur à l’Indiana University Bloomington, affirmait en 2001 suite à une étude faite sur les mondes virtuels que Norrath (monde virtuel d’EverQuest) produisait un PIB équivalent à un pays au 77ème rang mondial, et que les PP (monnaie d’EverQuest) aurait une valeur supérieure au Yen. En 2006, on estimait à 14 000 environ le nombre de personnes exerçant une activité professionnelle rémunérée par le biais de Linden Dollars (design d’avatars, de robes virtuelles, etc.)

Est-ce une réelle révolution ?

On l’a bien compris, la monnaie virtuelle et l’économie sous-jacente est bien une réalité. Cependant, certains seraient tentés de penser qu’il s’agit là d’un vulgaire phénomène de mode. Tant que la monnaie virtuelle reste cloisonnée aux mondes virtuels, il est difficile de parler de révolution… Mais en est-il vraiment ainsi ? On peut constater en effet une extension du concept à la sphère plus large du réseau social. Tencent, numéro un de la messagerie instantanée chinois, s’est récemment fait rappelé à l’ordre par les autorités chinoises, qui craignent que le Q Coin de Tencent ne menace la souveraineté du Yen. D’autre par les Twollars ont déjà été lancés sur Twitter., et les rumeurs circulant sur les Facebook Crédits, future monnaie virtuelle du plus célèbre des réseaux sociaux, laissent à penser que le lancement serait imminent.


Au-delà des différents buzz qui ont été faits autour des monnaies virtuelles, on assiste bien à une profonde évolution (une révolution ?) qui se nourrit entre autre d’une réelle convergence entre les acteurs du web et les acteurs bancaires. On peut en effet constater que des « pure player », comme Amazone, se sont déjà dotés d’infrastrucure de paiement Online propriétaire utilisable chez des e-commerçants tiers, (cf. lancement du Flexible Payment System, le Paypal-like version Amazone). Ces technologies, munies de fonctions d’accumulation intégrées permettent de faire des économies de coup de transaction. Les monnaies virtuelles ne seraient-elles pas une aubaine pour ce type d’acteur afin de franchir une étape supplémentaire pour s’affranchir de services bancaires coûteux ? A l’aune d’une nouvelle ère, la rencontre de la monnaie et des NTIC est d’ors et déjà en train de faire de nombreux émules. Les idées ne manquent pas. Des places de marché électroniques pour le crédit tel que Prosper ou Zoppa existent déjà. Avec le développement des transferts d’argent en mode P2P, la démocratisation de l’utilisation de monnaie virtuelle ne tardera pas révolutionner notre rapport à l’argent. Des plateforme P2P munis de fonctions d’accumulation permettant de simplifier drastiquement les transactions d’argent interpersonnelles au sein d’une communauté sans intermédiation bancaire ne demande qu’à voir le jour. La machine est en marche. Elle ne s’arrêtera pas là. Nous entrons dans l’ère de la monnaie 2.0.

 

Leave a Comment

You must be logged in to post a comment.

« | Home | »